L’histoire de l’hypnose en quelques lignes…

 

Magnétisme & l’hypnose selon Mesmer

 

Commençons d’abord par un petit historique de l’hypnose. L’hypnose et les pratiques hypnotiques remontent à l’Antiquité. En effet, on relève à cette période – dans l’Égypte ancienne, l’existence de temples du sommeil aussi appelés temples du rêve. Déjà à l’époque le but de ces temples était de guérir non seulement les maux d’ordre physiques mais également ceux d’origine psychologique.

Toutefois, l’hypnose telle que l’on la considère aujourd’hui, est née au début du XVIe siècle avec la différence que l’on ne parle pas encore d’hypnose mais de magnétisme. Et si l’on peut aujourd’hui assister aux spectacles de célèbre hypnotiseur Messmer, c’est une figure homonyme qui participera à l’expansion du magnétisme : Franz Anton Mesmer. Il est l’un des premiers à émettre l’idée que le corps humain dégage des forces magnétiques avec lesquelles on pourrait guérir les individus à l’aide de passes. C’est ensuite l’Abbé Faria qui mettra en exergue le caractère purement naturel de l’hypnose et donnera aux suggestions et aux autosuggestions le caractère primordial qu’elles prendront dans l’hypnose.

Ensuite, c’est un certain Jules Germain Cloquet – Chirurgien français – qui expérimentera la chirurgie sous ce qu’il appelle le « sommeil magnétique » : il pratiquera l’ablation d’un sein atteint d’une tumeur sous hypnose avec le Docteur Chapelain – médecin traitant de la patiente. Selon le rapport médical, cette intervention s’est déroulée sans souffrance pour la malade. Cet état de fait sera confirmé par d’autres nombreuses interventions chirurgicales sous hypnose réalisées par des médecins anglais. Cependant, l’apparition au milieu du XIXe siècle du trichlorométhane ou « Chloroforme » viendra faire de l’ombre à la pratique de l’hypnose thérapeutique. Ce produit en permettant l’endormissement systématique et rapide du patient facilitera le travail des médecins.

 

Naissance de l’hypnothérapie

 

C’est alors qu’arrivera James BRAID – un chirurgien né fin XVIIIe et qui, venu d’Écosse, sera longuement considéré comme le premier véritable hypnothérapeute de la période contemporaine. Il utilisera son doigt ou un objet brillant pour hypnotiser ses patients et mettra ainsi fin à la notion préalablement citée de magnétisme animal. Ainsi est née l’hypnose à proprement parler. A travers ses pratiques associées à de suggestions verbales, il deviendra le maître à penser de nombreux disciples comme les professeurs Charcot, Bernheim ou encore Liébeault.

Le Professeur Charcot était l’un des dirigeants de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris et avait notamment en charge le service concernant l’Hystérie. Il a présenté son travail avec la pratique de l’Hypnose à l’Académie des Sciences en 1882, ce fut un grand moment historique pour l’hypnose thérapeutique. Il a été très courageux et novateur d’aller présenter la pratique de l’hypnose devant une assemblée d’individus prêchant l’idée que cette dernière relevait d’une attraction de foire. A la même période, à des centaines de kilomètres de là, un certain Ambroise-Auguste Liébault – Médecin de campagne, soutient l’idée que l’hypnose est un phénomène naturel qui est induit par la suggestion et que cela ne relève alors pas du magnétisme comme le pensait également Cloquet.

Il est impensable de ne pas parler de celui que l’on nomme le père de la psychanalyse lorsque l’on parle de l’histoire de l’hypnose : Sigmund Freud. Freud a défendu avec ferveur tout au long de sa vie la pratique de l’hypnose car il admirait cette dernière. Toutefois, n’étant pas très doué dans cette pratique, il abandonnera l’hypnose pour développer une association libre de la parole avec le patient pour livrer spontanément les souvenirs et les rêves.

Un autre français du nom de Émile Coué – Pharmacien à l’origine, jouera un rôle primordial dans le développement de l’hypnose. Ce dernier est un des premiers à utiliser ce que l’on appelle l’autosuggestion. Sa phrase la plus célèbre : « Tous les jours, à tout point de vue, je vais de mieux en mieux ». Il fait alors répéter cette phrase 20 x matin et soir dans le but de pratiquer l’autohypnose c’est-à-dire de permettre par cette phrase, qui conditionne l’imaginaire d’une manière favorable, aux gens de se guérir eux-mêmes.

 

L’hypnose Ericksonienne : la naissance de l’hypnose moderne

 

Enfin, le pionnier de l’hypnose contemporaine arrive dans les années 30 sur le continent américain : Milton Erickson. Psychiatre et psychologue de son état, il est celui qui fera briller l’hypnose moderne. Comme Coué, ce dernier est persuadé que le malade détient en son for intérieur l’ensemble des ressources nécessaires pour pouvoir combattre et vaincre les situations difficiles qu’il traverse. Il interprète alors le rôle du thérapeute – ici entendez l’hypnothérapeute – comme le rôle de quelqu’un qui viendrait aider l’individu à mettre à jour et développer compétences et ressources propres à lui-même. Il pense qu’il appartient à chaque thérapeute d’établir ses propres méthodes, qui bien qu’avec une base commune, seront toujours adaptées aux patients. Contrairement à Freud, il pense que l’inconscient est une sorte de réservoir de ressources propre à chaque l’individu. Il explique alors que la transe n’est qu’un phénomène naturel aussi profonde ou superficielle soit-elle. elle permet la transformation des comportements négatifs . De même, il pense qu’il ne sert à rien de faire preuve d’autoritarisme avec l’inconscient : cela ne peut engendrer, selon Milton Erickson, que des réactions négatives ou de résistance de sa part. Sa méthode, celle de l’hypnose ericksonienne est d’octroyer des possibilités, des métaphores, des contradictions ou encore des symboles à l’inconscient – tout un ensemble d’éléments que ce dernier décodera, interprétera et adaptera.